Faire ou ne pas faire ? Tel est le jeu.

27 septembre 2016

Il y a plus de 10 ans, je débarquais dans la banque américaine "Bank of America".
A l'époque , j'avais en poche environ 10.000 $ à déposer sur un compte bancaire.
Après 30 min de discussion, l'employé me proposait un prêt hypothécaire 1/2 Million de $ pour acquérir une maison à Austin capital du Texas. Prêt que je ne pouvais pas rembourser.
Commençait à cette époque , la bulle immobilière qui allait éclater 6 ans plus tard.
Pour comprendre les causes de cette crise, je vais vous brosser le tableau économique de l'époque et les fondements qui ont amenés à cette crise des subprimes.

1er Elément :
En 1999, Georges W Bush a donc abrogé le Glass-Steagall Act . Un succès pour le puissant lobbying bancaire.
Le verrou qui séparait les activités des banques de dépôt et d'investissement a sauté.
Les banques américaines de dépôt ont le droit dès lors d'investir sur des marchés financiers en forte croissance.
2ème Elément :
En 2001, pour éviter une récession aux Etats-Unis suite à l'éclatement de la bulle internet à partir de mars 2000 et aux attentats du 11 septembre 2001, Fédéral Reserve Bank a pratiqué une politique de taux directeur très bas.

Le décor est planté , entrent alors les acteurs sur la scène.

Les banquiers vendent des prêts hypothécaires à leur client.
Le loyer de l'argent étant bon marché et les clients se présentent en masse . La demande augmente ainsi que le prix des biens immobiliers.
Les banques peuvent titriser tous ces prêts hypothécaires et les vendre sur les marchés financiers.
Ces actifs subprimes sont en plus sponsorisés par les agences de notation (Standard& Poor , Moody et autres) avec la plus haute note AAA. Actifs sans risque sur une valeur sûre : immobilier et on vous promet des rendements juteux.
C'est pourquoi les hedge fonds, les fonds de pensions et les banques du monde entière se ruent sur ces subprimes en achetant en grande quantité dans les portefeuilles.

Pour que ce moteur fonctionne, il faut de l'huile et de l'essence.
L'essence était de trouver toujours de nouveaux acquéreurs. Les banquiers vendent à des clients de moins en moins solvable.
L'huile , c'est le taux bas de la Fédéral Reserve. Le château de cartes est érigé.

A partir 2005, le taux de la FED a été remonté 17 fois à partir.
Les banquiers qui prêtaient à des clients fauchés et n'arrivent plus à trouver des clients capables de payer des maisons dont les prix sont devenus exorbitants.
Avec la variation du taux d'intérêt, les propriétaires ont de plus en plus de difficultés à rembourser.
Des défauts de paiement explosent, les banques doivent au plus vite les maisons pour récupérer leur prêt. Et les prix des bien chutent. Voyant les prix chutés, de plus en plus de gens endettés doivent se débarrasser de leur bien. Le flux s'inverse.
Le château de cartes s'écroule. C'est le Krach de l'immobilier américain, et le Krach boursier international.
Les établissements bancaires ayant contracté les actifs subprimes voient les valeurs de fond au soleil en quelques semaines.
C'est le dépôt de bilan. Alors les gouvernements font le pompier pour sauver leurs banques afin d'éviter les risques systémiques Tout cela aux prix d'une augmentation de la dette des états. Et cela nous a amené à une autre crise , celle de la solvabilité des Etats.

Voyez-vous, les bulles et les krachs sont le résultat d'un jeu spéculatif.
Cette crise est l'une des plus grave de l'histoire boursière car elle impacte le monde entier, elle a un impact sur les états et sur l'économie réelle, sur votre vie. Si j'avais à l'époque pris ce prêt d'une demi-million d'euro. Je ne serai pas avec vous aujourd'hui car je serai sans un sou et je n'aurai pas moyen de cotiser à Toastmasters. Et une bonne transaction est encore celle que vous n'avez pas faite !

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